L'ivrognerie se faisait douce lorsque les coups des nouveaux venus frappèrent à la porte.
Cela aurait pu être n'importe qui, mais je n'aurais jamais pu imaginer cela...
Toi...
Déesse des Enfers...
Succube des Hautes Célestes..!
Toi, Celle qui n'appartient à aucun des Royaumes existant en ce monde!
Celle dont la vie est régie par un esprit ayant pour seule limite la toute divine folie...
Toi... Ô Reine.
J'étais stupéfait.
J'ai tout de suite senti l'adrénaline monter avec l'alcool, c'était une sensation bizarre car je n'avais pas l'impression d'être réellement saoul. J'avais l'impression de rêver, et c'était surement le cas.
Je n'avais déjà pas pu imaginer que tu serais là, toi... et tu étais bel et bien là, et avec lui en plus... Celui qui effleure de la main la réussite...
J'avoue que lorsque j'ai constaté ça, c'la m'a mis un p'tit coup. C'était assez atroce comme plan. Bref, faisons comme si de rien n'était, après tout vous aviez été invités apparemment.
Les salutations d'usages et hop! Retour à l'apéro!
Dur.
Au bout de quelques verres de rhum et de multiples paroles dont je n'arrive pas à me souvenir, le sommeil me gagne sur le canapé du salon.
Tout devient flou, et de toutes manières je ne perçois clairement aucune conversation solide.
La musique m'emporte...
Je m'assoupie.
Je ne savais pas combien d'heures s'étaient passées lorsque mon ouïe a commencée à émerger lentement du sommeil. La musique s'était apparemment arrêtée, je ne discernais pas très bien. J'entendis peu à peu le mécanisme de la grosse horloge du salon. Dans le fond je crois, derrière le canapé on entendait un bruit que je connaissais, mais je n'arrivais pas tout de suite à dire ce que c'était...
C'est un genre de frottement sourd et humide. Je ne sais pas comment décrire. Imaginez le.
Je pourrais presque dire que ce bruit intrigant se repète comme l'horloge, à peu près toutes les 5 à 7 secondes. Il y a un léger grincement, probablement du bois. Et derrière tout cela, de temps à autre, à peine perceptible... un souffle faible, comme un souffle que l'on étouffe au fond de sa gorge.
Mes yeux s'ouvrirent. J'étais bien chez SkyCoke. L'horloge, OK. J'étais allongé sur le côté. De la lumière venait de derrière le canapé et frappait le mur qui me faisait face. Toujours ce bruit chelou derrière.
J'ai soupiré un coup... Puis me suis redressé péniblement sur le canapé en essayant de comprendre ce qui était entrain de m'arriver. Je me suis retourné.
J'n'ai pas tout d'suite pigé en fait...
Tu étais allongée sur la table du salon, sur le ventre. Tu avais ramené tes bras au niveau de ta poitrine. Une partie de ta chevelure passait devant ton epaule droite. Je ne voyais que tes grands cheveux balançant très légèrement en fait; ton visage était tourné de l'autre côté. Je ne pouvais pas dire si tu regardais dans le vide, si tes yeux étaient fermés, ou bien connaitre la forme de tes lèvres, savoir si tu serrais les dents ou non...
Ton visage m'était encore inaccessible.
Tu ne portais qu'une paire de bas blancs, terminé par un léger pourtour de belle dentelle s'arrêtant parfaitement mi-cuisse. Et bien sur, une superbe paire de chaussures à talons en vinyle noir.
Lui était au dessus de toi. Il me regardait déjà. Son corps que j'avais toujours imaginé probablement beaucoup plus pur que le mien, était recouvert d'epaisses cicatrices d'un rouge-rose assez marqué. Ses bras balafrés étaient tendus de part et d'autre de tes epaules. Il était allongé sur toi en fait... et il continuait de me mater. Je n'arrivais pas à savoir ce qu'il eprouvait en me regardant. Il continuait de se déhancher lentement et habilement. Est qu'il y avait de la haine? de la pitié..? Son visage exprimait t'il du bonheur ou de la tristesse? J'n'en avais pas la moindre idée.
Il était en train de te pilonner tranquillement en m'observant, le salaud.
Dur.
Je me rallongeais et décidais de me rendormir, sachant pertinemment que tout cela n'était qu'un mauvais rêve.
Je pouvais ressentir dans tout mon corps toutes les sensations de son acte, et bien sûr me délecter de sa grandeur, jusqu'à en imaginer l'apothéose de la grande déferlante de plaisir que toi seule arrive à procurer.
Mais c'était dur quand même... Beaucoup trop hard.
Lorsque je me suis réveillé pour la seconde fois, il ne s'était pas écoulé bien longtemps j'avais l'impression. Les bruit derrière moi avaient disparus... je me suis levé, je suis allé vers la table.
Et là je vous ai vu encore,mais là-bas cette fois-ci. Vous baisiez dans la cuisine, tranquillement...
Pire... Skycoke était là et il vous matait pénardement, à moins d'un mètre...
Vous avez alors tous tourné le regard vers moi. Je crois bien que le pire était ton regard. Il n'avait rien de particulier. Il m'était juste insupportable à ce stade de mon imagination.
J'ai alors renoncé à poursuivre, j'ai abdiqué.
J'ai décidé de sortir de ce rêve merdique, et j'me suis enfin réveillé.
Putain..!
BW










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